J'ai espéré, dès mon âge le plus tendre, l'apparition d'un être exceptionnel, qui changerait ma vie à tout jamais. Je rêvais, comme toutes les petites filles de mon âge, d'un prince charmant qui semblait ne jamais vouloir entrer dans ma vie. J'ai toujours cru en l'idéal, toujours, bien qu'il ne se présentait pas. On passe sa vie à imaginer une rencontre extraordinaire, comme dans les films romantiques, alors que ça nous tombe sur le coin de la bouche sans que l'on y prête la moindre attention. D'abord, un premier pas. Qui, contrairement à ce qu'on avait toujours pensé, s'est fait non pas de la part de l'homme, mais de la femme. Les temps changent. Quelques jours de correspondance et d'attentes ont fait qu'une seule soirée a suffit pour se connaître le mieux possible. A croire qu'au Moyen-Âge, les hommes devaient faire la cour aux femmes pendant quarante ans, en sachant que la plupart mouraient à trente-cinq ans. Là, une soirée. Une soirée inoubliable, qui restera gravée en moi à tout jamais. Et en toi, je l'espère profondément. Nos sentiments sont cependant incertains, car il y a tant d'obstacles qui nous empêchent de les voir se confirmer. Des journées entières sans aucune nouvelle de ta part, commencent à m'inquiéter sur la réalité et la vérité de notre histoire. Non pas que je n'aie pas confiance, mais l'attente laisse place à l'illusion, puis l'illusion à son contraire, et m'amènent enfin au fond du gouffre : le désespoir. Puisses-tu me rassurer en m'écrivant ne serait-ce que quelques mots, afin de me certifier que tu vas bien et que nous aurons bientôt l'occasion de nous reparler. Je ne peux plus que te supplier de me donner un signe de vie. Ne me laisse pas, ne m'abandonne pas dans l'obscurité de la vie sinistre que j'avais avant que tu n'entres dans ma vie pour ne plus jamais en sortir. . . (L').
